Approche :
De Besalú, suivre la N-260 en direction de Figueres et faire une halte à Navata. Ce village de l’Empordà possède une église connue sous le nom de Can Miró (XIIe), en raison de sa proximité avec le mas éponyme. À la hauteur de cette agglomération, prenez la GIP-5239, qui vous conduira à Lladó. Vous y verrez le Monastère de Santa Maria de Lladó (XIIe), une ancienne chanoinerie augustine où vivent encore quelques moines. Si vous demandez la clé à la mairie, vous pourrez également visiter l’Église Sant Feliu.
De Lladó part une piste qui vous mènera à Cistella, un village auquel on peut également se rendre en prenant la GIP-5101, un peu avant la N-260. Déjà répertoriée en 978, Santa Maria de Cistella est une petite église qui conserve une façade romane.
De Cistella, continuez l’ascension de la GIP-5101, qui se jette dans la GI-510. Prenez cette route en direction d’Albanyà, où, à 1 150 mètres d’altitude, se dresse le Sanctuaire de la Mare de Déu del Mont, de style néo-roman. Revenez à Figueres par le même chemin, puis prenez la C-252 pour aller à Vilabertran, qui se trouve à un kilomètre.
Vous y visiterez l’abbaye de Santa Maria de Vilabertran, un ensemble monumental occupé à l’origine par une chanoinerie augustinienne, qui présente des éléments de grand intérêt : l’église (XIe), le clocher lombard (XIIe) et le cloître (XII-XIIIe). Dans l’une des chapelles, est conservée une croix du XIVe siècle, joyau de l’orfèvrerie catalane. En 1295, cette église a été le théâtre du mariage royal de Jaume II avec Blanche d’Anjou ; elle accueille aujourd’hui les concerts des célèbres Schubertiades.
Poursuivez jusqu’à Peralada, ancienne cité comtale à la riche histoire, et bel ensemble médiéval. Elle conserve le cloître de l’ancien couvent Sant Domènec de Peralada (XII-XIIIe), de grande beauté, avec des colonnes et des chapiteaux remarquables.
Continuez la C-252 jusqu’à Garriguella, où vous prendrez la GIV-6032 en direction de Vilamaniscle. À mi-chemin entre Vilamaniscle et Rabós d’Empordà, vous trouverez une piste qui vous conduira au Monastère Sant Quirze de Colera. Cet ancien lieu de retraite bénédictin, aujourd’hui en ruines, possède des vestiges de différentes époques, notamment l’église (X-XIe) et le cloître. Parcourez les deux cent mètres qui le séparent de l’église Santa Maria de Colera (XIIe et XIIIe).
Revenez à la GI-603, prenez-la jusqu’au croisement avec la N-260, que vous suivrez jusqu’à Llançà. De là, en suivant la côte, vous pourrez vous diriger vers Colera et Portbou. À Portbou, visitez le Mémorial Passagen, créé à la mémoire du philosophe allemand Walter Benjamin, décédé en ces lieux alors qu’il fuyait les nazis. Ce point clé sur le chemin de l’exil, tant pour les Européens qui tentaient de fuir la Seconde Guerre Mondiale que pour les Républicains de la Guerre Civile espagnole, sera une bonne occasion de revenir sur notre histoire et de tenter de la comprendre.
Rebroussez chemin jusqu’à Llançà et, par la GI-612, tournez en direction de El Port de la Selva. Un peu avant d’y arriver, vous trouverez en embranchement conduisant au monastère Sant Pere de Rodes.

Un monastère de Sant Pere de Rodes
Situé dans la chaîne de Verdera, cet ensemble médiéval domine la mer du haut d’un imprenable promontoire. L’origine de
Sant Pere de Rodes est incertaine, encore que l’on sache que le monastère a adopté sa forme principale entre les Xe et XIIe siècles, en pleine splendeur romane. L’église présente une typologie unique au sein du roman catalan. Le monastère, l
’Église Santa Helena et les vestiges du village et du
Château de Sant Salvador de Verdera forment un extraordinaire groupe monumental, dont la visite, à ne pas manquer, mettra un terme à ce grand itinéraire transversal au gré de l’art roman. Le monastère abrite également les offices d’information du
Parc naturel de Cap de Creus, un site à la beauté incomparable qu’il faut absolument visiter.
Prolongement de l’itinéraire :
En traversant l’Empordà, l’itinéraire passe non loin du Site naturel d’intérêt national des Albères. Il s’agit d’une chaîne où abondent les mégalithes – il y en a plus de 130, entre menhirs et dolmens –, et qui vaut le détour. Vous pouvez vous renseigner auprès des offices de tourisme locaux, ou aux point infos du site naturel.